J’ai accroché mon hamac à bord
De l’Augusto Monténegro
Il quitte Belém dans moins d’une heure
Faut voir, c’est un sacré rafiot
Nous remonterons la rivière Amazone
Jusqu’à Manaus...
Si la fièvre n’a pas pris mon cœur
Si le bateau n’a pas pris l’eau
J’irai au pays des singes hurleurs
Toujours plus haut, toujours plus haut
Je remonterai la rivière Amazone
Jusqu’à la source...
Je me suis fait hiberner à bord
De l’ " Espoir des cinq continents "
Un vaisseau spatial tout en or
C’est l’ " Espoir des cinq continents "
Dans moins d’une heure il quitte la Terre
En emportant comme un trésor
Un bébé dans son landeau de verre
Adieu la planète des morts
Nous remonterons le temps et l’espace
Jusqu’à Ganymède...
Si mon corps n’est pas désintégré
Si le rafiot n’a pas pris l’eau
Je franchirai des millions d’années
Toujours plus haut, toujours plus haut
Je remonterai le temps et l’espace
Jusqu’à la source...
J’ai plongé tout entier dans le corps
D’un microscope électronique
Me voici à l’envers du décor
C’est un panorama unique
Dans le scaphandre qui rétrécit
Et m’entraîne vers des abysses
Je sais que nul n’est venu ici
Nul être humain, pas même Alice
Nous remonterons au creux de moi-même
Jusqu’au neutron...
Si je me garde de la folie
Si ma capsule tient le coup
De plus petit en plus petit
Arriverai-je au fond du trou
Je remonterai au creux de moi-même
Jusqu’à la source...